Gré à gré en diminution, est-ce une bonne nouvelle ?

publié le 11 juin 2019 à 07:42 par jérémie Embareck

La Côte d'Ivoire vient d'annoncer que le pourcentage de marchés publics passés en gré à gré avait drastiquement diminué depuis l'année 2015.

Si l'on peut légitimement féliciter les progrès réalisés en la matière et les efforts déployés pour y parvenir, il ne faut pas perdre de vue que ce résultat peut constituer un trompe l'oeil.

En effet, cet indicateur ne peut pas être analysé sans le croiser avec le montant global des marchés attribués et avec le montant des contrats passés hors champ du code des marchés publics. Si les 10% des marchés passés en gré en gré représentaient in fine 90% du montant des marchés attribués, cette bonne nouvelle tomberait à plat.

Par ailleurs, n'oublions pas que les principaux contrats liés au développement des infrastructures sont souvent conclus via des processus spécifiques hors champ du code des marchés publics (PPP, code minier...). Pour des statistiques fiables, leur nombre et leurs montants devraient également être pris en compte dans les analyses.

Cependant, une telle vision, certes réaliste, mais pessimiste ne fait pas justice aux efforts réalisés par la Côte d'Ivoire et d'autres Etats africains pour assurer la transparence des processus de dévolution des marchés publics. Elle est un préalable obligatoire à une sécurisation du secteur pour toutes les parties prenantes (Etat, entreprises publiques, fournisseurs privés locaux ou étrangers, populations).
 
Elle atteindra ses pleins effets si elle est couplée à la construction de politiques achat pragmatiques et adaptées aux besoins locaux.

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